La "colline du Printemps", c'est le nom que les premiers colons juifs ont donné, en 1919, à la ville nouvelle. Son histoire commence avec celle de l'immigration en terre d'Israël. Forte aujourd'hui de 350 000 habitants, plus d'un million avec sa banlieue, Tel-Aviv est en perpétuel chantier. Son plan en quadrillage est semblable à celui des cités américaines : les immeubles y poussent toujours au centre, tandis que les banlieues pavillonnaires s'étendent entre les champs et la côte. Avec son architecture très utilitaire, influencée par le style Bauhaus, la ville est résolument occidentale. On y est à mille lieues des tensions de Jérusalem : sur sa plage bordée d'hôtels haut de gamme, une jeunesse dorée et nombre de touristes se prélassent. Les boîtes de nuit ambiance techno, les bars "happy hours", les clubs privés restent ouverts durant shabbat. De nombreux restaurants étrangers s'y sont implantés - où l'on mange tout de même kascher. Capitale de l'Etat d'Israël de 1948 à 1985, Tel-Aviv a cédé son rôle politique à Jérusalem, mais reste la capitale diplomatique (on y trouve la quasi-totalité des ambassades). Et surtout la capitale économique : desservie par un aéroport et le port de Jaffa, Tel-Aviv abrite de nombreuses entreprises d'import-export ainsi que la Bourse et les banques.

On dit d'elle : "Ici commence la diaspora", autrement dit : "Ici n'est pas Israël". L'esprit unique qui habite Tel-Aviv choque certaines sensibilités. Tel-Aviviens et Hyérosolomitains (les habitants de Jérusalem) entretiennent des relations tendues, et tout oppose la ville jeune et païenne à la Ville sainte des trois religions... Tel-Aviv a déjà son histoire, pourtant : n'est-ce pas là, quelques heures seulement avant qu'éclate la première des guerres israélo-arabes, que Ben Gourion proclamait officiellement la naissance de l'Etat d'Israël ? Et le musée de la Diaspora conserve la mémoire des milliers d'immigrants qui passèrent sur son sol. La tradition reste la même pour la majorité des olim comme pour les touristes : on passe, on se dépêche vers l'intérieur du pays, vers Jérusalem ou la Galilée. La ville mérite plus pourtant, avec son souk coloré et bruyant, son parc aux oiseaux exotiques, son quartier florentin, bastion de la jeunesse, et son quartier des galeries d'art, où exposent des artistes internationalement connus. Car Tel-Aviv est aussi la capitale intellectuelle et culturelle du pays. Et si son atmosphère fébrile vous épuise, rendez-vous à l'ancien port turc de Jaffa : géré par la même municipalité, ce havre pour touristes vit au ralenti, au rythme de ses petites échoppes d'antiquités et de ses étroites ruelles, où les couples se plaisent à flâner la nuit...

légende

   

 

 
"Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite se dessèche ! Que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie." Psaume 137.

A qui vient pour la première fois à Jérusalem, le spectacle de la Ville sainte laissera un souvenir incomparable. Premier étonnement en arrivant : au bout des rues d'une ville moderne, les murailles épaisses et crénelées d'un château du Moyen Age, bâties par Soliman le Magnifique. Ce n'est pas un décor de carton-pâte ; dans ces murailles il y a des portes, et derrière ces portes une autre ville, une ville dans la ville, ville d'un autre temps ou plutôt de tous les temps, de tous les mondes : la vieille ville.

Une effervescence inoubliable, des costumes de toutes les religions - juifs orthodoxes aux longs manteaux et aux chapeaux noirs, moines franciscains ou dominicains et bonnes sœurs, pasteurs protestants, prêtres grecs ou arméniens, femmes éthiopiennes drapées dans leur long shama blanc, femmes arabes voilées, musulmans en djellaba. Les juifs orthodoxes traversent les rues couvertes à toute vitesse, non qu'ils aient peur des jeunes Arabes qui les bousculent parfois au passage, mais pour ne pas perdre de temps entre les prières. Si c'est shabbat, peut-être se rendent-ils au mur des Lamentations. A leur côté ou en groupes derrière eux, leurs femmes affichent des costumes plus discrets : jupe longue et veste sobre. Les gamins arabes dévalent les rues à VTT devant des soldats israéliens qui n'en mènent pas large. Les appelés de Tsahal ne sont pas plus vieux que ces jeunes Palestiniens qui les provoquent en s'entraînant aux arts martiaux juste devant eux. La tension est là, le voyageur ne pourra l'ignorer.

Puis on s'habitue à la ville ; ces premières sensations ne se renouvelleront plus. Peu importe, il y a du temps à passer à Jérusalem. On peut y rester une semaine sans se lasser, à aller de site en site, de porte en porte, de quartier en quartier (il y en a quatre: juif, musulman, chrétien et arménien), de musée en monument, de synagogue en église et d'église en mosquée. Prenez aussi le temps d'errer dans les rues sans but précis, en passant de la foule des souks aux recoins déserts des ruelles perpendiculaires. N'oubliez pas non plus la ville nouvelle, Jérusalem-Ouest et ses quartier juifs, riches ou pauvres, à l'aspect européen, aux constructions modernes. On y est moins dépaysé, et pourtant c'est là qu'on trouvera Mea Shearim, le quartier des juifs orthodoxes. Le jour du shabbat, vous verrez les loubavitch sillonner les rues vers le mur des Lamentations, en criant "Shabbès ! Shabbès !" pour rappeler aux juifs leurs devoirs. Le vendredi, à la tombée du soleil, les commerçants bradent leurs stocks avant de fermer boutique : même dans la ville moderne, la loi sainte est respectée. La tension est là aussi : sur les panneaux en trois langues (hébreu, arabe, anglais), l'arabe a souvent été tagué. Sur le marché juif de Mahané Yéhuda, l'activité est fébrile. On semble avoir oublié les attentats. Pourtant, s'il y a un endroit où l'on peut trouver des raisons d'avoir peur, c'est paradoxalement ici, dans les lieux de foule et dans les bus de ville, et non pas dans les quartiers arabes de la vieille ville et de Jérusalem-Est, où l'on évitera seulement de se balader en pleine nuit. A Jérusalem, un Européen est toujours considéré a priori comme un Juif par les Arabes, et comme un goy (non-Juif) par les Juifs. On est loin de Tel-Aviv la laïque et la tolérante.

Les Hyérosolamitains regardent Tel-Aviv de haut. Jérusalem se trouve au milieu des collines sèches de Judée, entre le mont Scopus, le mont des Oliviers et la vallée du Cédron, loin de la mer, loin du Jourdain. De 1947 à 1980, Tel-Aviv fut la capitale de fait de l'Etat d'Israël mais, dès 1949, Jérusalem était considérée comme la vraie capitale : la Knesset, les ministères et la Cour suprême y étaient installés. Il ne s'agissait d'abord que d'une moitié de Jérusalem : comme Berlin, la ville était coupée en deux par un mur, l'Ouest israélien séparé de l'Est jordanien. En 1967, la guerre des Six Jours permettait à Israël de réunifier la ville : les soldats de Tsahal embrassaient le mur des Lamentations, jusqu'alors interdit aux Israéliens.

Mais Tel-Aviv resta capitale de fait jusqu'en 1980, année où la Knesset proclama Jérusalem capitale "dans son intégralité". Scandale : l'ONU blâma, le Vatican et nombre d'Etats demandèrent en vain l'internationalisation de la Ville sainte, les ambassades déménagèrent à Tel-Aviv. Aujourd'hui seuls le Salvador et le CostaRica reconnaissent Jérusalem comme la capitale israélienne, et y possèdent leur ambassade. Mais les Etats-Unis songent également à y installer la leur, ce qui n'améliorerait pas leurs relations avec le monde arabe...

Ces tensions ne datent pas d'hier : la "ville de la paix" fut dix-huit fois conquise par les armes. Ce sont les Jébuséens, un peuple cananéen, qui, vers le XVIIIe siècle av. J.-C., édifièrent les premières murailles de la cité fortifiée qu'ils appelèrent Ur Ushalem, du nom de leur dieu Shalem. Le roi Saül ne parvint pas à s'en emparer mais, vers l'an 1000, son successeur David en fit la capitale du royaume d'Israël (et du royaume de Juda) : "David s'installa dans la forteresse et l'appela Cité de David" (Deuxième Livre de Samuel, 5, 9). Pour les Juifs, Jérusalem est aussi le lieu où, sur le mont Moriah, Abraham aurait accepté de sacrifier son fils Isaac. En souvenir de cet acte fondateur du judaïsme, Salomon, fils de David, y fit construire le premier Temple - et un palais royal. A la mort de Salomon, Jérusalem ne fut plus que la capitale du seul royaume de Juda. Le déclin s'annonçait : le Temple fut détruit par Nabuchodonosor, reconstruit, puis de nouveau détruit par Titus. Les Romains rebaptisèrent la ville Ælia Capitolina.

Pour les chrétiens comme pour les juifs, la Bible est le Livre et Jérusalem est la Ville : "Et je vis la cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s'est faite belle comme une jeune mariée parée pour son époux." (Apocalypse, 21, 2). Les chrétiens y firent bâtir l'église du Saint-Sépulcre à l'endroit où le Christ aurait été enterré. Pour les musulmans, Jérusalem, lieu du sacrifice d'Isaac et de la crucifixion du prophète Issa (Jésus en arabe), est aussi celui de la montée au Paradis du prophète Mahomet, troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine. Sur les ruines du second Temple, ils firent construire le Dôme du Rocher et la mosquée El-Aqsa. Ils appelèrent la ville El-Quds, "la sainte". Aujourd'hui la ville trois fois sainte, la Ville sainte des trois religions monothéistes, compte 550 000 habitants, dont deux tiers de Juifs.
 

vue de Jérusalem

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Mosquée du Dôme du Rocher

   

 

Le mont du Temple
Le mur des Lamentations, ou mur occidental, Kotel HaMaaravi, ou simplement HaKotel, "mur de l'Ouest" en hébreu, est le principal lieu saint du judaïsme. On dit que les gouttes de rosée qui le couvrent à l'aube sont les larmes du peuple juif souffrant. Six grandes flammes rappellent les six millions de Juifs tués par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

C'est ici que Dieu aurait imposé à Abraham l'épreuve du sacrifice d'Isaac et conclu son alliance avec le patriarche. Ici également que Salomon érigea le Temple dans lequel il installa l'Arche d'Alliance, faisant de Jérusalem la capitale du judaïsme. Détruit par Nabuchodonosor, le Temple fut reconstruit par le roi Hérode vers 20 av. J.-C., puis, moins d'un siècle plus tard, en 70 apr. J.-C., de nouveau détruit par Titus. Le mur des Lamentations est tout ce qui reste du second Temple : le bas du mur d'enceinte occidental, haut d'une quinzaine de mètres et long de 150 mètres. Juste au-dessus se trouve l'esplanade des Mosquées : à la place du Temple, les musulmans ont construit le Dôme du Rocher, troisième lieu saint de l'islam. De 1948 à 1967, le mur se trouvait sous contrôle jordanien, et les Juifs ne pouvaient y accéder. Après la guerre des Six Jours, tout le quartier arabe qui se trouvait devant le mur fut rasé pour dégager la place, afin que les juifs venant prier ne soient pas victimes d'un attentat. Les tensions demeurent. Des extrémistes juifs, les "fidèles du mont du Temple", militent pour la reconstruction du Temple. Le problème, c'est qu'il faudrait alors détruire le Dôme du Rocher : ces intégristes envisagent de le faire sauter sans endommager les restes du Temple et le rocher d'Abraham. On imagine les violences qui surviendraient si ce projet était mené à bien par quelques fous furieux... Des soldats aux entrées de la place vérifient les sacs, et le cas échéant, vous rappelleront les consignes à respecter. La présence des touristes est tolérée, même dans l'espace réservé à la prière, à condition qu'ils aient une tenue correcte : une kippa en carton est donnée aux hommes à l'entrée.

On est surtout frappé par la ferveur religieuse qui règne parmi les fidèles, groupés en minyan (groupes de dix nécessaires à la prière), en particulier le soir du shabbat, mais il est alors strictement interdit de prendre des photos. On peut aussi assister à des bar-mitzvah, deux fois par semaine, le lundi et le jeudi. Remarquer alors les femmes, qui n'ont pas le droit d'entrer du côté des hommes, et jettent des bonbons au jeune garçon. Les cérémonies se succèdent à une cadence incroyable. On est vite frappé par les différences sociales : importance de la famille et des amis réunis, présence de musiciens pour ouvrir le cortège... On peut également visiter les tunnels et les fondations du mur.
 

le mur des lamentations

     
 

Israël a deux mers. En 1949, la guerre d'Indépendance prit fin lorsque les soldats israéliens atteignirent la mer Rouge. Ils arrivaient sur une plage déserte, avec en face les maisons blanches d'Akaba, en Jordanie, et prenaient 7 km de rivage, au fond du golfe d'Akaba, coincés entre l'Egypte et la Jordanie. On est ici au débouché de la vallée de l'Arava : à l'est les montagnes rouges de la Jordanie, particulièrement belles au coucher du soleil ; le matin ce sont celles du Néguev qui resplendissent.

Les Israéliens appellent le golfe d'Akaba golfe d'Eilat : c'est le nom qu'ils ont donné à la localité qu'ils ont construite, et qui constitue l'extrémité sud du pays. Ce point hautement stratégique est surtout une station balnéaire dans le style de la Costa Brava espagnole. Du béton, du béton : en cinquante ans, Eilat n'a cessé de se construire. Dès 1950, les soldats étaient rejoints par les premiers colons, de nouveaux immigrants venus du Maroc et de Hollande. Ils exploitèrent des mines de cuivre et de manganèse, s'essayèrent à l'agriculture en conditions arides et à la pêche. Mais c'est surtout le tourisme qui permit de développer l'économie locale. Eilat compte aujourd'hui 40 000 habitants, et dix fois plus de touristes.

Le tourisme est en plein boom depuis le début des années 80, grâce à la paix avec l'Egypte. En 1985, Eilat devenait un port franc, le seul d'Israël. En 1989, la localité toute proche de Taba était enfin rendue à l'Egypte après plus de vingt ans d'occupation israélienne. L'accord plus récent (1994) avec la Jordanie, que le refroidissement des relations israélo-palestiniennes n'a pas remis en cause, a donné naisssance à un projet d'une grande station balnéaire trinationale : Eilat-Akaba-Taba.

En face d'Eilat, les maisons blanches d'Akaba font toujours rêver, derrière les barbelés et les miradors de la frontière. Mais aujourd'hui, le touriste franchit facilement les frontières : des bus partent régulièrement pour Akaba et pour Taba, au pied du Sinaï égyptien ; des excursions partent d'Eilat pour le monastère Sainte-Catherine, au cœur du Sinaï, ou pour Pétra en Jordanie.

On peut entrer en Israël par le poste-frontière de Taba, ou prendre un charter pour Akaba, avec un permis de transit de 24 heures en Jordanie, le temps de passer la frontière au poste d'Arava, ouvert en 1994.
L'aéroport d'Eilat est trop petit pour accueillir les charters de vacanciers européens qui souhaitent atterrir directement au bord de la mer Rouge, sans passer par l'aéroport Ben Gourion. L'aéroport est en pleine ville, les avions arrivent par la mer et passent au ras des hôtels de la côte. Il est limité aux vols intérieurs de la compagnie Arkia et à quelques vols internationaux d'El Al. Pour les charters internationaux a donc été construit l'aéroport d'Ovda, à 50 km au nord d'Eilat, sur la route nº12, en plein désert. Dans un futur proche, ces deux aéroports devraient être fermés et remplacés par un aéroport plus grand situé à quelques kilomètres au nord d'Eilat, sur la route nº90, dans la vallée de l'Arava, où il y a encore un peu plus de place. Ce nouvel aéroport servirait également pour des transits vers Akaba, comme l'aéroport d'Akaba le fait aujourd'hui pour Eilat.

Jusqu'à présent la ville s'est construite plutôt à l'ouest de l'actuel aéroport. A l'est, quelques hôtels sur le rivage, des marais salants qui marquent le début de la vallée de l'Arava, et la frontière jordanienne. Le littoral est totalement occupé, et la ville s'étend désormais vers le nord-est, sur les flancs du Néguev. Selon ses habitants, Eilat change tellement vite que les jeunes de la ville qui partent faire leur service ne reconnaissent plus rien lorsqu'ils y reviennent pour leur première permission !
 

faune de la mer Rouge

   

 

 
"Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël."

A 9 km au sud de Jérusalem, BETHLEEM, la ville où le Christ serait né est un haut lieu du christianisme et des pèlerinages en Terre sainte. C'est sur la grotte même où Marie aurait mis au monde l'Enfant Jésus que la basilique de la Nativité fut édifiée en 323 sur l'ordre de Constantin, le premier empereur romain à s'être converti au christianisme. Le bâtiment originel fut en grande partie arrangé et complété en 540. Comme celle du Saint-Sépulcre à Jérusalem, l'église est partagée entre les différentes confessions chrétiennes, qui ne s'entendent pas toujours très bien entre elles. L'église Sainte-Catherine a été ajoutée à l'édifice en 1881. C'est là, pour préserver la basilique, que la messe de minuit est célébrée le 24décembre. On peut, en toute sécurité, se rendre à Bethléem en bus ou en taxi collectif à partir de Jérusalem.
Nombre de pèlerins souhaitent passer la nuit à Bethléem, mais les possibilités de logement y sont très réduites, en raison notamment de sa proximité avec Jérusalem.

A 9 km au sud de Bethléem, au sommet du djebel Foureidis, ou "mont des Francs", on peut voir les maigres ruines de l'Hérodion, la somptueuse forteresse construite par le roi Hérode entre 24 et 15 av. J.-C. Le souverain aurait conçu l'endroit comme son mausolée, mais aurait finalement été enterré à Jéricho.
 

     

 

Jérusalem - Tel Aviv - Eilat - Bethléem


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