La Jordanie : Un Pays, un Roi

Le roi Hussein de Jordanie a fortement marqué l'histoire de son pays dans la deuxième moitié de ce siècle. Son courage, son habileté diplomatique et surtout son esprit de tolérance ont souvent été décisifs dans les nombreux conflits. Son décès, le 7 février 1999, a été un événement considérable pour tout le monde arabe. Il était né à Amman le 14 novembre 1935 et reçut une éducation très sérieuse au collège Victoria, à Alexandrie en Egypte, puis à l'école militaire de Sandhurst, en Angleterre. Après l'assassinat de son grand-père, Abdallah ler, à Jérusalem le 20 juillet 1951, c'est le prince Talal, père dHussein, qui monta sur le trône jusqu'au 11 août 1952, date à laquelle Hussein lui succéda. Mineur, il dut attendre le 2 mai 1953 et ses dix-huit ans pour obtenir, selon la loi islamique, la plénitude de ses prérogatives. Hussein épousa en 1978 la reine Noor, dont il eut deux fils, Hamzah et Hashem, et deux filles, Iman et Raiyah. De ses trois précédents mariages, il avait déjà huit enfants, dont le prince Abdallah qui lui a succédé en 1999. Il aura connu la joie d'être grand-père, à travers une très grande famille soudée autour de sa personne. Hussein pratiquait de nombreux sports mécaniques, automobile, moto et aviation, mais aussi le ski et le tennis et un homme de lettres et de culture. Il est l'auteur de trois livres sur sa vie et son expérience de souverain (dont le dernier "Mon métier de roi")

Il n'eut de cesse, durant son règne, que d'asseoir la position de la Jordanie au Moyen-Orient, dans le sens de la stabilité et de la paix. Certes fragilisé après la guerre des Six Jours et les événements de 1967, il parvint toujours à jouer un rôle sur la scène internationale, apparaissant, lors des derniers conflits, dans la guerre Occident-Irak comme dans les affaires israélo-arabes, comme le médiateur incontournable de cette partie du monde.

Il eut en particulier une action décisive pour la mise en place de la résolution 242 des Nations Unies, après la guerre de 1967, qui enjoignait Israël à se retirer des territoires arabes occupés en échange de la paix, lors de la conférence de la Paix à Madrid en 1991, le couronnement de son action se trouvant dans le traité de paix signé entre la Jordanie et Israël en 1994. Son état de santé se dégradant, il fut néanmoins à la tête de la diplomatie arabe jusqu'à sa mort, trouvant les ressources pour intervenir auprès des grandes puissances occidentales et des Nations Unies pour garantir les droits des nations arabes autour du Golfe. Parallèlement, il a su se faire apprécier des plus intransigeants des chefs arabes, en Syrie et en Irak particulièrement. Figure emblématique pour les relations extérieures, il fut aussi, dans son pays, un chef apprécié pour son action économique. Conséquence de son action pour la stabilité politique de la région, il oeuvra également dans le bon sens pour moderniser et faire fructifier l'économie jordanienne. L'effort a commencé dès le début de son règne, lorsqu'il mit en oeuvre une grande politique de développement des industries de base : les phosphates, le ciment, la potasse, ainsi qu'un grand réseau routier à travers tout le pays. Au plan intérieur, il a également apporté une certaine démocratisation, dans les moeurs comme dans la politique, avec l'organisation d'élections au parlement jordanien, qui se tiennent tous les quatre ans depuis 1989, ouvrant la voie au pluralisme. Aujourd'hui, la Jordanie apparaît comme le pays le plus démocratique du Moyen-Orient. Son action fut déterminante au plan éducatif, le pourcentage de Jordaniens alphabétisés étant par exemple passé de 33 % en 1960 à 85 % en 1996. Le roi Hussein a été surnommé par son peuple AI-Malik-Al-Insan, c'est-à-dire "Le roi humain". L'action du roi Hussein dans le domaine de l'équipement de son pays et de la démocratisation aura été considérable dans les progrès accomplis par la Jordanie durant son règne.

Chronologie

Juin 1916
Sharif Ben Ali lance la Grande Révolte Arabe
25 mai 1946
Le roi Abdullah instaure le royaume Hachémite de Jordanie
1948
Début de la diaspora palestinienne
1952
Al Hussein Ben Talal monte sur le trône de Jordanie
1967
Israël occupe la Cisjordanie, la bande de Gazza et le Golan
Pendant les années 1970
La Jordanie réalise un spectaculaire bond économique.
1989
Hussein de Jordanie autorise les élections parlementaires et le pluralisme politique.

1999
Mort du Roi Hussein. Son fils Abdallah lui succède.

--------------------------------------------
La Jordanie en chiffres

Capitale : Amman
Population : 4.2 millions d'habitants
Gouvernement : Monarchie gouvernementale
Surface : 89.000 km2
Principales religions :
92% de Musulmans
8 % de Chrétiens
Croissance annuelle : 2.65% (pour 1996)
Taux de chomage : 16%
Inflation : 3%
Budget annuel : 2.5 milliards de dollars
(14 milliards de francs)


La Reine Nour

 

 

Des dirigeants du monde entier aux obsèques du roi Hussein
Le président américain Bill Clinton Le président français Jacques Chirac Le chancelier allemand Gerhard Schroeder Le président italien Oscar Luigi Scalfaro Le président autrichien Thomas Klestil La présidente de la République d'Irlande Mary McAleese Le président tchèque Vaclav Havel Le président grec Costis Stéphanopoulos Le président turc Suleyman Demirel Le vice-président suisse Adolf Ogi Le Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen et le prince consort Henrik, époux de la reine Margrethe Le roi Albert II de Belgique et la reine Paola La reine Beatrix des Pays-Bas, accompagnée du Premier ministre Wim Kok Le roi Juan Carlos et son épouse Sofia, accompagnés du prince héritier Felipe et des infantes Elena et Cristina Le prince Charles, représentant la famille royale britannique Le roi Carl XVI Gustaf de Suède et la reine Silvia Le roi Harald de Norvège Le président égyptien Hosni Moubarak Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat Le président algérien Liamine Zéroual Le président soudanais Omar al-Bechir Le président yéménite Ali Abdallah Saleh Le sultan Qabous d'Oman L'émir de Bahrein, cheikh Issa ben Salmane al-Khalifa, et le Premier ministre, cheikh Khalifa ben Salmane al-Khalifa Le prince héritier et Premier ministre du Koweit, Saad Al-Abdallah Al-Sabah Le prince héritier de Dubaï et ministre de la Défense des Emirats arabes unis, Mohammad Ben Rached al-Maktoum Le prince héritier d'Arabie saoudite, Abdallah Ben Abdel Aziz Le prince héritier du Qatar, cheikh Jassem Ben Hamad al-Thani Le prince héritier du Maroc, Sidi Mohamed Le Premier ministre tunisien Hamed Karoui Le vice-président irakien Taha Mohieddine Maarouf Le président israélien Ezer Weizman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan Le secrétaire général de la Ligue arabe, Esmat Abdel Meguid


Le Roi Abdallah, la Reine Rania, le Prince Hamzeh

 

Le Pays du Nord au Sud

Ajloun est une vieille bourgade arabe, à 24 km. au nord de Jérash, intéressante pour l’énorme forteresse qui la domine, Qalaat er-Rabadh. C’est un puissant château-fort arabe construit en 1184-1185 pour s’opposer aux forteresses des Croisés de Kérak et de Shobak. C’est l’ensemble fortifié qui couronne une colline cinique. Elle représente un profond fossé, des portes, des casemates voûtées et tout un réseau de fortifications.

 

Jérash (à 50 km au  nord d’Amman), l’antique Gérasa, offre encore de magnifiques ruines, parmi les plus remarquables du Proche orient. Fondée par les Grecs vers la fin du IV°s. avant notre ère, Gérasa devint sous la domination romaine, une ville importante sur l’antique route de l’encens. Les ruines très importantes, sont axées autour et tout au long d’une grande rue centrale d’époque romaine bordée de colonnades conduisant à une place ovale unique en Orient, voisine d’un théâtre admirablement conservé, et d’un temple de Zeus (Jupiter). Le monument le plus important est le temple d'Artémis, auquel on accède par une volée d’escaliers.

 

Gadara (Umm Qaï, à 110 km au nord d’Amman) est un très beau site d’époque gréco-romaine, d’où l’on domine tout le lac de Tibériade et la vallée du Yarmouk. Fondée sans doute à l’époque d’Alexandre le Grand (fin IV° s. avant notre ère), la ville prit une grande extension à l’époque romaine, à partir du 1er s. de notre ère. Il subsiste de nombreuses et belles ruines de cette époque : trois théâtres dont un assez bien conservé, des thermes romains, une église byzantine, un forum.

 

Pella Située sur la rive gauche du fleuve, Pella fut fondée par les vétérans Macédoniens des armées d’Alexandre le Grand, à la fin du IV° s. avant notre ère. Disputée entre les deux dynasties macédoniennes rivales, les Ptolémées d’Egypte et les Séleucides de Syrie, elle fut détruite en 80 avant notre ère et reconstruite par les Pellas. Il subsiste quelques belles ruines d’une basilique, d’un théâtre, d’un temple, d’un monastère et de quelques demeures.

 

Amman La ville moderne d’Amman est propre et s’étend sur plusieurs collines. Au cours de la dernière décennie, sa population a augmenté jusqu’à en faire une grande ville d’un million d’habitants. A l’époque « biblique », c’est à dire à la fin du II° millénaire avant notre ère et au cours des premiers siècles du millénaire suivant, sur son emplacement s’élève la cité fortifiée de Rabbath Ammon, capitale du royaume des Ammonites. Son nom moderne a conservé une partie son nom antique. Occupée par les Assyriens, puis par les Babyloniens, les Perses et les Grecs, la ville et sa région furent incluses dans l’empire Romain. Devenue Arabe en 635, elle fut érigée capitale de la Transjordanie, sous mandat britannique, en 1921, et en 1946, la capitale du royaume Hachémite de Jordanie qui a alors accédé à l’indépendance.
Les ruines antiques consistent en un théâtre romain construit au II° s. de notre ère et une citadelle d’où l’on découvre un magnifique panorama sur la ville. Dans la citadelle subsistent quelques ruines dont les plus spectaculaires sont celles du temple d’Hercule, construit aussi au II° s. de notre ère.

 

Madaba, la Medba biblique, se trouvait prise entre les royaumes des Ammonites au nord et des Loabites au sud. Elle eut une certaine importance à l’époque Byzantine où elle était le siège d’un évêché. Tombée au pouvoir des musulmans en 635, elle fut  peu à peu désertée avant d’être réoccupée en 1880. De nombreuses mosaïques byzantines ont été retrouvées dans les ruines des églises et des demeures des particuliers. Parmi celles-ci, les plus remarquables se trouvent dans l’église Saint-Georges qui conserve la première carte en mosaïque de la Palestine (datée de 560 de notre ère). Au centre se situe une représentation de Jérusalem avec ses remparts et son artère centrale (cardo maximus) bordée de colonnades.

Mont Nébo (838 m d’altitude). C’est de cette hauteur formant une longue crête que, selon  la tradition biblique, Moïse contempla, avant de mourir, la terre de Canaan ; on découvre la mer Morte et les collines de Judée, jusqu’à Jérusalem qui peut être visible par temps clair. Cette arête est divisée en trois sommets : le Djebel Neba où l’on peut voir quelques dolmens qui remontent à l’âge du bronze, le Djebel Siyagha, à l’extrémité ouest où l’on peut voir les ruines d’un monastère et qui serait le lieu où aurait été enseveli Moïse, et, entre les deux le Khirbet al-Meklayat . Ce serait sur cette dernière hauteur que se serait élevée la ville de Nebo. Au pied de son acropole a été construit un petit bâtiment pour abriter les mosaïques byzantines de l’église Saint-Lot et Saint-Procope.

 

Kérak est à une hauteur de 950 m. C’est le site de l’antique capitale de Moab, Qir-Héres. C’était la capitale du roi Mesha, qui soutint un siège contre les Israélites au milieu du IX° s. avant notre ère. Ce siège est commémoré dans  une stèle dite de « Mesha » maintenant au Louvre. Vers 1142 les croisés construisirent sur une hauteur dominant la ville une énorme forteresse dont il subsiste de magnifiques ruines avec de puissantes murailles, cours, portes, vastes salles souterraines, etc... De cette forteresse Renaud de Châtillon, à partir de 1176, conduisit de nombreux raids meurtriers dans les états voisins musulmans. Le château a été en grande partie remanié par les Arabes après sa réédition en 1188.

 

Pétra (à 260 km au sud d’Amman) est l’un des sites des plus célèbres et des plus remarquable de l’Orient ancien. On y parvient par un long et étroit défilé, le Sîq, qu’on parcourt à dos de cheval, ou à pied, selon ce qu’on préfère. C’est une vieille cité caravanière, capitale des Nabatéens, construite dans tout un réseau d’Ouadis, dominés par des collines de gres rouge. Dans ces falaises sont creusées des tombes-temples offrant tout un ensemble unique de façades sculptées dans la roche, de style gréco-romain. D’abord nid d’aigle et refuge des nomades Edomites, Pétra ne devint une cité qu’avec l’apparition des Nabatéens. Ces derniers, d’origine arabe, parlaient un dialecte araméen et nomadisaient dans les parties méridionales du pays d’Edom. Ils entrent réellement dans l’histoire dans le courant du IV°s. avant notre ère où ils s’imposent comme caravaniers enrichis par le commerce de l’encens venu du Yémen. Au siècle suivant ils sont installés à Pétra dont ils font leurs entrepôt de marchandises, au noeud de routes reliant l’Arabie à l’Egypte, à la Syrie et à la Palestine. On a conservé les noms de plusieurs souverains qui régnèrent sur le royaume de Nabatène, jusqu’à son annexion par les Romains en 106 de notre ère par Trajan. Désertée à la fin de l’époque byzantine, la ville perdue ne fut retrouvée qu’en 1812 par le voyageur Suisse Burckhardt. L’ensemble des ruines dont l’essentiel consiste en tombes-temples creusées dans les falaises rouges dominant les ouadis et pourvues de magnifique façades, s’étend sur de grandes distances. Les monuments essentiels sont Khazneh (le trésor), le théatre, le Deir (Couvent). Tout le long du Cardo Maximus se développent les ruines de quelques monuments dont le principal est le Qars al-Bint.

 

Wadi Rum (ou Ram), magnifique désert aux teintes irisées, est un lieu réellement magique, avec ses hauteurs en roches sculptées par le vent semblables à des ruines de monuments antiques. C’est dans ce désert qu’ont été tournées plusieurs séquences du film consacré à Lawrence d’Arabie.

 

Aqaba est la plus célèbre station estivale de la mer rouge et le seul port de la Jordanie. C’est à 3 km d’aqaba qu’a été retrouvé le site portuaire d’Esion Gaber où le roi Salomon, au X°s. avant notre ère fit construire avec l’aide des Tyriens, une flotte pour commencer avec le lointain et mystérieux Ophir. Les Nabatéens de Pétra construisirent là un port en relation avec l’Arabie méridionale, avant d’être intégré dans l’empire romain. Lors de la conquête arabe, en 631, le port s’appelait Ayla. Il fut l’un des lieux d’embarquement des pèlerins qui se rendaient à la Mecque par la mer. Au XVI° s. les Mamelouks d’Egypte y bâtirent un important caravanserail, et c’est vers cette époque qu’apparaît le nom  d’Aqaba. C’était une bourgade avec un port fortifié lors de la guerre de 1914-1918. Il s’y trouvait une garnison Turque qui risquait de menacer les arrières des Anglais décidés à marcher sur Jérusalem en partant du canal de Suez. Une petite troupe d’Arabes dirigée par le colonel Lawrence d’Arabie, enleva la ville en la prenant de revers le 6 juillet 1917.

C’est actuellement une ville moderne d’environ 35.000 habitants, ouverte sur ce jardin sous-marin que sont les fonds de coraux de la mer Rouge. Il s’y trouve un centre de plongée sous-marine parfaitement aménagé et organisé.

 

 

accueil | visite guidée | séjours | coup de coeur | infos utiles | documentation | pages pro