| Pour en savoir plus sur l'Egypte ... | |||||||
|
|
|
L'activité humaine sur les rives du Nil remonte au moins au Néolithique (-10000 à -6000) lorsque des nomades se sont progressivement installés le long du fleuve. Ils ont constitué des villages et se sont initiés à la vie sédentaire, réglant leur vie sur le niveau des eaux. La crue annuelle du Nil est alors l'événement le plus spectaculaire observé par les populations riveraines. Au printemps, les pluies qui tombent en abondance dans la région des grands lacs, en Afrique équatoriale, se mêlent à la fonte des neiges des hauts plateaux, et gonflent les eaux des deux principales sources du fleuve. L'inondation arrive au niveau du Caire entre le 15 et le 20 juin. L'eau envahit les plaines, isolant les villages les uns des autres. Si le calendrier est très régulier, la hauteur de la crue varie d'une année sur l'autre, provoquant d'imprévisibles dégâts. La décrue commence en octobre. Les eaux qui se retirent laissent sur le sol des alluvions, le limon, d'une fertilité providentielle dans ce vaste désert nord-africain. Il faut imaginer ce que représente ce phénomène naturel démesuré, pour des populations qui n'en ont pas encore l'explication météorologique. Mythes et traditions de l'Antiquité témoignent de la fascination qu'inspire alors aux Egyptiens la puissance obscure, qui à la fois détruit et nourrit, selon un rythme mystérieux. Les populations s'efforcent d'expliquer ces événements par des interprétations religieuses, mais aussi de les contrôler, au moins partiellement, grâce au développement technique. C'est d'ailleurs dans le but de maîtriser les effets de la crue - par des travaux de drainage,
d'irrigation… - que les villages entreprennent de se regrouper, vers -5000. Deux royaumes se forment progressivement,
l'un dans le Delta (Basse-Egypte), l'autre dans la vallée (Haute-Egypte).
Depuis l'historien Manéthon (IIIe siècle avant J.-C.), on divise l'histoire des pharaons en 20 dynasties, s'étendant sur près de 3000 ans. De culture grecque, Manéthon a hellénisé le nom des pharaons. La plupart d'entre eux sont aujourd'hui encore connus sous ce patronyme déformé (exemple : Aménophis est la traduction grecque d'Amenhotep). Par souci de clarté, nous utiliserons le nom le plus répandu, et préciserons, entre parenthèses, le nom égyptien correspondant, lorsqu'il est connu. Trois périodes particulièrement fastes émergent de l'histoire pharaonique.Elles
sont qualifiées d'Ancien, de Moyen et de Nouvel Empire. Les spécialistes s'accordent pourtant pour considérer que l'Egypte est alors un
grand pays qui connaît la paix, à la fois intérieure et extérieure. Le pharaon lance
quelques expéditions au Sinaï, en Libye, en Nubie… sans pour autant se livrer à une politique
de conquête. Il s'agit plutôt de se procurer, par le commerce ou par la force, des marchandises qui
font défaut sur les rives du Nil : ressources minières, bois précieux, ivoire, animaux exotiques… Cette disponibilité des hommes permet l'aménagement du pays mais aussi l'édification de temples et de monuments destinés au pharaon. Car la puissance de ce dernier se mesure à la grandeur des monuments funéraires dont il lance la construction dès le début de son règne. Djoser fait construire la pyramide à degrés, qui se trouve à Saqqarah ; Khéops (Koufou), Khéphren (Khaefrê) et Mykérinos (Menkaourê), pharaons de la IVe dynastie, les trois grandes pyramides de Guizeh. Cette importance attachée aux monuments funéraires s'explique par la nature quasi divine du pharaon. Fils de Rê, le roi des dieux, il jouit d'une survie éternelle, en compagnie de ses ancêtres, et des fidèles qu'il consent à faire inhumer près de lui. A l'intention de ces derniers, le pharaon fait construire des "mastabas", monuments funéraires modestes, recouvrant des galeries funéraires, non loin de sa propre pyramide. Dieu soleil, Rê est alors la divinité la plus célébrée des
Egyptiens. L'antique Héliopolis, à l'entrée du Delta, lui est dédiée. Les prêtres
qui y résident sont à l'origine de toute une mythologie solaire rapportée dans Les textes
des Pyramides. C'est alors qu'intervient, selon certains historiens, une révolution sociale d'une grande violence. Les sujets du pharaon délaissent les cultures et les travaux d'aménagement du Nil pour prendre les armes et s'entre-tuer. L'Egypte connaît alors une cruelle période de famine. Et pour parachever le déclin de l'empire, des envahisseurs venus d'Asie occupent la partie nord du pays. Ce chaos, marqué par l'instabilité politique, dure plus d'un siècle. Manéthon recense, au sein de la VIIe dynastie, 70 rois dont le règne n'a duré que 70 jours. Il s'agit en fait de potentats locaux qui prétendent dominer l'ensemble du pays, jusqu'à ce qu'un rival les déloge. Des textes datant de cette époque témoignent du désarroi des Egyptiens, nostalgiques de leur grandeur passée : Dialogue d'un Egyptien avec son âme, Chant du harpiste ou Les admonitions d'un sage égyptien. Vers -2130, Haute et Basse-Egypte se constituent, à nouveau, en royaumes rivaux. L'un
prend Thèbes, actuelle Louxor, pour capitale, l'autre Héracléopolis, à l'entrée
du Fayoum. Promue capitale de l'empire, Thèbes perd bientôt ce titre au profit du Fayoum, site plus central, après l'accession au trône d'Amménémès 1er (Amenemhat), qui fonde la XIIe dynastie. Cette date marque le début d'un "âge d'or" pour les Egyptiens. Le pharaon renonce à l'absolutisme caractéristique de l'Ancien Empire. La loi et l'administration prennent le pas sur la simple volonté du souverain. Les "nomarques" réapparaissent dans la hiérarchie administrative, soumis à un contrôle plus strict du pouvoir central. Cette "démocratisation" du régime se retrouve aussi en matière de croyance religieuse. L'au-delà n'est plus réservé au seul pharaon et à ses proches. Chacun est libre de se faire construire le monument funéraire qu'il souhaite… à condition bien sûr d'en avoir les moyens. Les notables se font enterrer dans des "hypogées", galeries creusées dans le sol. Souverain des morts, Osiris bénéficie alors d'une ferveur nouvelle. Son lieu de culte privilégié est Abydos où, selon la légende, après qu'il eut été dépecé, sa tête serait restée enfouie. Il reste peu de monuments du Moyen Empire. En revanche, l'époque se distingue par la qualité
inégalée de son orfèvrerie et par la richesse de sa littérature. La langue des scribes
d'alors sera considérée par toutes les époques ultérieures, comme un modèle
de pureté et d'élégance. Dans un premier temps, les Hyksos se contentent de soumettre les seigneurs égyptiens qui
se partagent les restes de l'empire au paiement d'un impôt. Mais, aux alentours de 1675, ils tentent de régner
directement et fondent leurs propres dynasties (XVe et XVIe) à la tête de l'Egypte. Toutefois, les
Pharaons hyksôs ne parviennent pas à asseoir leur autorité sur l'ensemble du pays. Les seigneurs
du Sud, mènent la rébellion contre ces occupants. Cet afflux de richesses profite bien sûr au pharaon, mais aussi très largement au clergé dominant, les prêtres d'Amon. Apparu tardivement dans le panthéon égyptien, Amon est vénéré à Thèbes depuis la première période intermédiaire. Après avoir longtemps résisté aux Hyksos, la ville est devenue le centre du Nouvel Empire, aussi appelé Empire thébain, et voilà Amon promu au rang de dieu dominant, sous l'appellation d'Amon-Rê. La puissance du clergé corrompu d'Amon est telle qu'il constitue l'un des principaux contrepouvoirs opposés au pharaon. L'un des souverains de la XVIIIe dynastie a pourtant tenté de se débarrasser de cet Etat dans l'Etat. Après quatre années de règne, Aménophis IV (Amenhotep) abandonne le culte d'Amon au profit de celui d'Aton. Il prend pour nom Akhnaton (qui est agréable à Aton) et fonde une autre capitale, Akhetaton (horizon d'Aton). Encouragé par son épouse Néfertiti, ce pharaon mystique prône une religion rénovée, et persécute le clergé d'Amon, jugé idolâtre et matérialiste. Les prêtres d'Amon attendent quinze ans avant de prendre leur revanche. A la mort d'Akhnaton, son successeur est Toutankhaton. Pour des raisons obscures ce dernier revient à Thèbes et rétablit le culte d'Amon. Il transforme d'ailleurs son nom en Toutankhamon. L'un des derniers grands règnes du Nouvel Empire est celui de Ramsès II qui durera 67 ans. On attribue près de 200 enfants à ce pharaon, excessif dans tout ce qu'il entreprenait. Grand guerrier, il combat les Hittites à Kadesh, et ne craint pas d'affronter les ennemis au corps à corps. Considérée comme sa victoire la plus glorieuse, cette bataille présente un bilan militaire très mitigé. En revanche, elle permet la signature d'un traité de paix durable entre Hittites et Egyptiens. Egalement grand bâtisseur, Ramsès II construit le temple d'Abou Simbel et de nombreuses
villes portant son nom. Comme tous les pharaons du Nouvel Empire, il se fait enterrer dans un hypogée de
la Vallée des Rois, et non sous une construction monumentale. A la fin de son trop long règne, Ramsès
II laisse un pays affaibli et vulnérable. Dès cette époque, le rayonnement de la civilisation grecque parvient jusqu'en Egypte.
Des scribes, qui ont des échanges réguliers avec des savants grecs, entreprennent de transcrire la
langue égyptienne en grec. Cela nécessite l'ajout des lettres spécifiques, qui font défaut.
C'est ainsi que naît l'alphabet copte.
La fortune des Ptolémée (333-30 avant Jésus-Christ) En -306, alors qu'Alexandre est mort depuis plusieurs années, Ptolémée monte sur le trône d'Egypte, à la façon des pharaons. Ses descendants constitueront la dynastie dite lagide ou ptolémaïque et assureront le développement d'Alexandrie, nouvelle capitale du pays. La cité devient rapidement l'un des foyers les plus brillants de la culture grecque, et rivalise avec Athènes. Ptolémée II en particulier, fait construire la bibliothèque, l'école, le musée mais aussi, sur l'île de Pharos, le fameux sémaphore devenu phare d'Alexandrie. Les sciences et les arts connaissent un épanouissement remarquable. Tout écrit étranger transitant par la cité est en principe traduit ; ce qui assure le brassage des idées, des philosophies et des sciences : Archimède, Euclide, mais aussi les plus grands poètes de l'époque s'installent à Alexandrie, ville cosmopolite. On y trouve des colons grecs, quelques autochtones égyptiens et de nombreuses communautés : juive, perse, syrienne… Mais, sur les bords du Nil, la population égyptienne reste à l'écart de cet épanouissement. Les Ptolémée construisent de nombreux temples à travers le pays pour amadouer le peuple. Ce qui n'empêche pas les révoltes d'éclater dans les campagnes. Alexandrie finit même par être gagnée par l'agitation. En -80, Ptolémée XII en appelle au gouverneur romain de Syrie pour restaurer l'ordre dans la capitale. C'est le début de l'ingérence romaine en Egypte. Ptolémée XIII et Cléopâtre VII, deux enfants de Ptolémée XII, héritent du trône, alors que le pays est sous la tutelle du Sénat romain, représenté sur place par Pompée. Lorsque Jules César s'oppose à Pompée, Cléopâtre prend le parti de ce dernier. Mais après la victoire de César à la bataille de Pharsale, où son frère et époux trouve la mort, elle se rallie à César, pour garder la tête du royaume d'Egypte. De César elle aura un enfant, Césarion. Lorsque deux ans après la mort de César, Antoine devient maître de l'Orient, Cléopâtre parvient encore à subjuguer le nouveau maître du pays. Elle obtient de son amant le contrôle d'une bonne partie du Moyen-Orient, et fait de Césarion l'héritier au trône d'Egypte. Mais Antoine est à son tour défait par les légions d'Octave, et Cléopâtre tente une dernière fois, mais en vain, de s'attirer les bonnes grâces du vainqueur. Antoine et Cléopâtre se suicident. Césarion est assassiné. L'Egypte devient une province romaine. Les troupes de Rome sont stationnées à Babylone, près de Memphis, à l'emplacement du Vieux Caire actuel. "Grenier à blé de l'empire", l'Egypte est aussi une destination touristique pour les notables romains qui visitent volontiers les temples des anciens Egyptiens. Naissance du christianisme égyptien (40-639) En fait, la religion chrétienne n'apparaît qu'en l'an 40 en Egypte, avec l'arrivée de l'évangéliste Marc à Alexandrie. Cette nouvelle doctrine, encore soumise aux persécutions du pouvoir romain, connaît un certain succès auprès des Egyptiens. En 63, Marc subit le martyre à Alexandrie. Comme les juifs, les chrétiens se soulèvent régulièrement contre l'armée d'occupation romaine. Et pour fuir la répression, certains d'entre eux trouvent refuge dans le désert. C'est l'apparition des anachorètes, ces ermites qui initient une pratique religieuse fondée sur la retraite et l'ascèse. Le plus célèbre d'entre eux est Saint-Antoine, qui s'enfuit en 270 pour vivre au fond d'une grotte, dans les montagnes qui bordent la mer Rouge. La situation s'améliore pour les chrétiens à partir du IVe siècle,
lorsque l'empereur Constantin autorise la liberté de culte (313). A sa mort, cet empereur reçoit
d'ailleurs le baptême. La ville grecque de Byzance est promue capitale de l'empire, sous le nom de Constantinople.
Empire romain et christianisme sont désormais liés, on parle alors d'Empire byzantin. En Egypte,
cela se traduira par l'interdiction des cultes dits païens. C'est la fin de la religion des pharaons. En 451, Dioscore, le patriarche d'Alexandrie, la plus haute autorité religieuse de l'Egypte, est démis de son poste lors du concile qui se tient à Chalcédoine. Il lui est reproché de défendre une doctrine religieuse hérétique appelée monophysisme. Mais les chrétiens d'Egypte, largement acquis aux théories de leur patriarche se révoltent. Incapable de les ramener par la conviction à l'orthodoxie, Byzance ne peut qu'imposer son pouvoir par la force. C'est le début d'une nouvelle époque de persécution pour l'Eglise égyptienne laquelle, prenant conscience de sa différence culturelle et doctrinale au sein de l'empire, prend le nom d'Eglise copte (dérivé du mot égyptien). En 619, le pouvoir byzantin s'essouffle et ne peut empêcher les Perses d'envahir l'Egypte.
Bien que non chrétiens, les Perses se montrent des occupants plutôt tolérants avec les coptes.
Après un bref retour des Byzantins, les Arabes envahissent le pays en 639.
Alternant phase d'occupation et phase de mélange avec la population, les armées
musulmanes vont arabiser et islamiser le pays. Pour autant, l'Egypte ne se satisfait jamais du rôle de simple
province d'un ensemble arabo-musulman en perpétuelle évolution. Le caractère national, même
mâtiné de culture musulmane, resurgit de manière chronique pour s'opposer au prétendu
pouvoir central. Si les nouveaux maîtres du pays agissent directement au nom de Dieu, ils n'imposent pas de conversion aux populations et se contentent d'administrer le pays pour prélever le maximum d'impôts qu'ils envoient à La Mecque, capitale de leur califat. L'Egypte vit alors au rythme d'un empire bientôt secoué par des querelles mi-théologiques, mi-dynastiques. En 660, le divorce est consommé entre chiites, acquis à Ali le gendre du Prophète, et sunnites, conduits par Mo'awiya qui fonde le califat omeyade à Damas. L'Egypte passe alors sous l'autorité de ce dernier. Mais, progressivement, le présence arabe perd son caractère strictement militaire. A la faveur de conversions et de mariages mixtes, une population civile, de confession musulmane sunnite, peuple certaines cités comme Fustat. Deux siècles plus tard, alors que la capitale du califat s'est déplacée à Bagdad, le caractère national égyptien s'affirme lorsque l'émir Ahmed Ibn Tulun s'émancipe de la tutelle des califes abbassides. Il fonde sa propre dynastie, les Tulunides, en 870. Contrairement à leurs prédécesseurs, qui privilégiaient les intérêts de Damas ou Bagdad, les Tulunides s'efforcent de mettre l'Egypte en valeur. C'est ainsi que de nombreux palais et mosquées sont construits légèrement en aval de Fustat. La mosquée d'Ibn Tulun, que l'on visite encore au Caire, remonte à cette époque. Mais la parenthèse nationale est brève et le calife de Bagdad rétablit son autorité sur le pays dès 906. Un peu plus de 60 ans plus tard, l'Egypte, conquise par les califes fatimides, échappe
à nouveau au pouvoir central. Dominant dès cette époque toute l'Afrique du Nord, les Fatimides
sont des chiites ismaéliens qui prétendent descendre de Fatima, fille de Mahomet et femme d'Ali. En 988, un calife fatimide fait construire la mosquée-université d'el-Azhar, au service de l'islam chiite. Cependant, la population musulmane d'Egypte reste majoritairement sunnite, et se trouve administrée de manière féodale, au même titre que les coptes, les Grecs ou les juifs qui y vivent encore. La cité chiite du Caire leur est alors pratiquement interdite. Le califat fatimide disparaît dans la grande débandade musulmane des croisades.
Les différents souverains arabes consacrent alors plus d'énergie à se faire la guerre entre
eux qu'à combattre les croisés, qui ont installé un royaume franc à Jérusalem. En fait, Saladin est tout puissant grâce à ses succès militaires. Il parvient à unifier les musulmans sous son autorité, puis harcèle les croisés et conquiert Jérusalem en 1187. Le Caire reste le siège de son armée, qu'il a installée sur les hauteurs
du Mokattam, un peu à l'écart du fleuve, et à mi-chemin entre Fustat et Le Caire. Il y construit
la citadelle et un imposant système de fortifications. Dix ans plus tard, Baybars, l'un des sultans mamelouks étend son empire à tout
l'Orient arabe. Il kidnappe le calife de Bagdad et l'installe au Caire. Baybars organise un Etat centralisé
où l'armée joue un rôle majeur. Sous les Mamelouks le pouvoir se transmet rarement de façon
héréditaire. Il se gagne, et se perd, plus souvent dans le sang d'une victoire, ou d'une révolution
de palais. La plupart des 47 souverains qui ont régné en 267 ans ont péri de mort violente. Sur le plan intérieur, les Mamelouks ont à peu près respecté la diversité
de la population égyptienne : les communautés copte, juive, grecque… mais aussi les différentes
doctrines de l'islam sunnite. C'est depuis cette époque que quatre écoles juridico-religieuses différentes
coexistent dans l'islam égyptien : les écoles shafiite, hanbalite, hanafite et malékite….
En fait, la concurrence entre ces écoles empêchait les savants religieux, appelés oulémas,
de s'unir et de contester la légitimité du calife fantoche résidant au Caire. Suleyman ne veut pas qu'une fois de plus l'Egypte s'émancipe. C'est pourquoi le pacha
ne dispose pas de troupes turques. Il n'est pas tenté de se retourner contre le calife de Constantinople.
Mais du fait de sa faiblesse, ce pacha est obligé de composer avec les Mamelouks qui demeurent une caste
militaire avec laquelle il faut compter. De même, les Européens obtiennent de poursuivre leurs nombreux
échanges commerciaux A partir du XVIIe siècle, l'autorité de l'empire de Constantinople s'efface à
nouveau, sans qu'aucun souverain local ne parvienne à s'imposer. L'Egypte connaît près de deux
siècles d'instabilité, les Mamelouks en profitant pour faire connaître leur loi. D'autant que la notion de pouvoir politique est alors plus limitée qu'aujourd'hui et s'apparente
davantage à un système féodal qu'à un régime d'Etat. Le souverain protège
la population des invasions ou des pillages, il s'occupe du commerce international, prélève un impôt
et commande les grands travaux… Tout ceci a finalement un impact limité sur la vie quotidienne des Egyptiens,
alors régentée par des règles traditionnelles et religieuses bien ancrées. L'organisation
communautaire et tribale atténue la tyrannie des souverains.
Episode napoléonien (1798-1801) A la tête de plusieurs dizaines de milliers d'hommes, Napoléon se rend facilement maître de la situation sur le terrain. La bataille des Pyramides, le 21 juillet, face aux armées mamelouks, est décisive. Mais pendant qu'il se bat sur terre, les Britanniques coulent les navires français qui mouillent en rade d'Abouqir. Les Français n'ont plus les moyens de se retirer et doivent aller au bout de leur conquête. Pendant que savants et artistes parcourent le pays avec une belle gourmandise de savoir, les militaires entreprennent d'administrer l'Egypte pour en faire un pays moderne. A priori, les Français vivent dans un régime plus progressiste que les seigneurs musulmans qu'ils viennent de déloger. Mais leur domination est plus pénible à la population car ils imposent des réformes dans des domaines jusqu'alors confiés aux autorités communautaires : domaines de droit civil, social, sanitaire… Une première émeute, rapidement maîtrisée, éclate dans le mois qui suit l'installation française. De son côté, le calife ottoman soutenu par la Grande-Bretagne entreprend de chasser les Français. Ses premières campagnes sont des échecs. Napoléon progresse même à l'est et atteint l'actuel Israël. Mais après plusieurs mois, les troupes françaises s'essoufflent et connaissent leurs premières défaites. La population locale les supporte de moins en moins, et la situation devient de plus en plus en difficile. Après un peu plus d'un an, Napoléon s'échappe malgré le blocus. Un destin national l'attend à Paris. Kléber, son remplaçant, est assassiné quelques mois plus tard. Le troisième chef de l'expédition française, le général Menou, signe bientôt la rédition française après un débarquement anglais en rade d'Abouqir. Le 14 septembre 1801, l'armée française quitte l'Egypte, rendue au pouvoir ottoman. Si la présence militaire française est très limitée dans le temps,
ses effets se manifesteront bien au-delà. On doit à cette expédition pré-coloniale
les ferments d'une présence culturelle durable. D'ailleurs, si la France quitte officiellement l'Egypte,
de nombreux Français demeurent. Savants ou officiers, ils vont poursuivre l'œuvre de Napoléon, sous
le règne de la nouvelle dynastie. C'est le cas par exemple du général de Sèves, qui
deviendra Suleyman Pacha ou du docteur Clot, connu sous le nom de Clot-Bey, médecin qui prendra en charge
la santé publique en Egypte (voir description de l'Egypte). Ensuite, ce brillant chef de guerre est envoyé en mission par le calife de Constantinople.
Il met au pas la péninsule Arabique, soulevée par la secte wahhabite, conquiert le Soudan, mate quelques
insurrections en Grèce, puis, dans son élan, décide d'envahir la Syrie et attaque l'Anatolie
(Turquie) où est installé le pouvoir qu'il est censé servir. Il faudra l'intervention conjuguée
des puissances occidentales pour que Mohamed Ali renonce à conquérir l'ensemble de l'Empire ottoman.
Finalement, il abandonne toutes ses conquêtes extérieures, à l'exception du Soudan, mais obtient
en échange l'installation d'un pouvoir héréditaire en Egypte. On est en 1840, la dynastie
albanaise est en place. Elle régnera jusqu'à la prise de pouvoir des Officiers libres en 1952. Le souverain, entouré de conseillers étrangers, se comporte en despote éclairé.
Il impose au pays une marche forcée vers la modernité qui porte ses fruits : construction du barrage
du delta, mise en valeur des terres, développement de la culture du coton, instauration d'un système
juridique et d'une administration moderne très inspirée du système français… Un détail
qui a son importance, les richesses qui ne tardent pas La mort de Mohamed Ali marque une pause dans la modernisation du pays. Abbas 1er, le nouveau
souverain, xénophobe, se méfie des conseillers étrangers et n'autorise durant ses cinq années
de règne qu'une seule construction : celle de la ligne de chemin de fer Le Caire-Alexandrie, réalisée
par les Anglais. Ce contrôle financier ne cessera plus de se renforcer, au détriment des Egyptiens. Une première tentative de résistance se manifeste en 1881 quand le chef du parti nationaliste, Orabi Pacha, devient ministre de la guerre et exige la suppression du contrôle financier. Un corps expéditionnaire anglais débarque alors en Egypte et écrase les
troupes d'Orabi Pacha. La domination militaire de l'Angleterre permet à cette dernière de mettre
fin au condominium franco-britannique. Désormais elle administre seule l'Egypte, à la manière
d'un protectorat. C'est-à-dire qu'elle maintient en place la dynastie albanaise, mais la soumet à
sa volonté. Dans le même temps, un débat politique moderne s'instaure au sein du pays. L'Egypte n'est pas à proprement parler une colonie, mais sa population autochtone est
durement exploitée. C'est l'époque des tribunaux mixtes où chacun est jugé selon son
origine communautaire. L'adjectif "baladi" qui signifie "du pays", et qualifie tout ce qui
est proprement égyptien, prend un sens péjoratif. La langue française est alors en usage chez
la plupart des Orientaux "cultivés", quand l'arabe n'est employé que par les petites gens.
Des émeutes éclatent, d'une violence surprenante de la part de ce peuple que l'on dit parfois le
"moins révolutionnaire du monde".
Conquête de l'indépendance (1918-1952) Cette nouvelle soulève les Egyptiens. Saad Zaghloul devient le héros de l'indépendance.
Et dans les années qui suivent, le parti de la délégation (en arabe Wafd) gagne de l'influence
dans le pays. Réunissant des coptes et des musulmans, le Wafd veut promouvoir un Etat moderne qui mettrait
fin aux particularismes communautaires, rendrait ses droits aux Egyptiens de souche, et forcerait l'armée
anglaise à quitter l'Egypte. Pour calmer l'agitation chronique, la Grande-Bretagne libère Saad Zaghloul
et reconnaît, en 1924, l'indépendance de l'Egypte, monarchie constitutionnelle. L'armée anglaise
ne quitte cependant pas les rives du Nil, en vertu d'un accord de sécurité. Très vite, l'action de cette association dépasse le cadre purement caritatif. Au
nom de l'identité musulmane de l'Egypte, elle devient une organisation de contestation de l'occupation anglaise
et du régime pro-occidental du Caire. Hassan el-Banna prône le retour aux valeurs religieuses, pour
libérer le peuple égyptien. Son association rencontre un certain succès. Nasser, comme d'ailleurs
Sadate et Moubarak, reconnaîtront en avoir fait partie un jour ou l'autre. A l'époque, le Wafd paraît
usé, dépassé, et les Frères musulmans icarnent, aux yeux des Egyptiens, une forme de
résistance plus radicale Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'apparition d'Israël soude les pays arabes dans un front du refus. Géographiquement au centre de cette zone, Le Caire abrite le siège de la Ligue des Etats arabes, fondée en 1945. Le premier conflit se termine en 1949 par une victoire surprise d'Israël. Les Egyptiens vivent très mal cette humiliation. Ils comprennent que les Anglais font le jeu de l'Etat hébreu et ne les laisseront jamais se doter d'une armée vraiment dangereuse pour ce dernier. En 1952, le mécontentent populaire est tel que de violentes émeutes éclatent.
Tous les symboles de l'Occident sont pris pour cibles. La monarchie d'opérette qui règne au Caire
est incapable de rétablir durablement l'ordre, et l'Angleterre ne peut plus se payer le luxe d'une reconquête
militaire de l'Egypte. L'armée égyptienne prend alors les choses en main, dans une relative indifférence
internationale. La politique de la nouvelle République apparaît un peu comme la revanche des Egyptiens en Egypte. La politique sociale et les réformes agraires sont largement favorables au petit peuple, qu'il soit copte ou musulman. L'Etat construit des écoles, des hôpitaux publics… Les privilèges jusque-là accordés aux minorités sont supprimés. Pour rester en Egypte, elles doivent se soumettre au régime juridique ordinaire. L'arabe devient la langue officielle, son enseignement est imposé dans tous les établissements, même ceux tenus par des missionnaires étrangers… Une politique progressive de nationalisation des biens achève de ruiner les intérêts de "grandes familles" réduites à l'exil. Enfin, la situation des juifs est la plus difficile : ils sont soupçonnés d'être complices d'Israël. En quelques années, 30000 d'entre eux émigrent vers l'Etat hébreu. A l'extérieur, Nasser défend une politique très hostile à l'Etat juif mais aussi farouchement indépendante par rapport aux grandes puissances, ce qui lui vaut alors d'être comparé à Hitler en Occident. Pour le Tiers Monde, et en particulier le monde arabe, Nasser symbolise, en revanche, la voix vigoureuse des opprimés. En 1956, ne trouvant pas de financement international suffisant pour son projet de Haut-Barrage
à Assouan, Nasser décide de nationaliser le canal de Suez. Le Royaume-Uni et la France, tentent d'intervenir
militairement, l'U.R.S.S. se fâche et les Européens, "lâchés" par les Etats-Unis,
doivent faire marche arrière. En 1967, Nasser veut livrer une guerre décisive à Israël.
Cette guerre des 6 Jours sera une nouvelle défaite pour les Arabes. Non seulement Israël n'est pas
atteint, mais il occupe le Sinaï et Gaza. Après cet échec cuisant, Nasser démissionne.
Des manifestations populaires le ramènent au pouvoir. Il meurt en 1970. Les Egyptiens sont aujourd'hui très nostalgiques de l'image qu'il sut donner à
leur pays sur la scène internationale. Il regrettent ce président galvanisant les Etats arabes, tenant
tête aux Occidentaux et agressif envers Israël. Pourtant, point faible de son bilan, les tentatives
de rassemblement du monde arabe, comme l'union avec la Syrie ou la Libye, ont toutes échoué. En fait
d'indépendance, l'Egypte s'est trouvée, du temps de Nasser, très liée à l'Union
soviétique. Et pour ce qui est d'Israël, Nasser perdit le Sinaï et Gaza dans sa guerre avec l'Etat
hébreu. Cette inflexion à 180° de la politique égyptienne est menée sans concertation avec les pays voisins. Jusqu'alors fer de lance de la cause arabe, voilà l'Egypte exclue de la Ligue du même nom. Mais Sadate n'en a cure. De même, il ne prend pas la peine d'expliquer sa nouvelle politique au peuple égyptien. Certains intellectuels désapprouvent la politique de réconciliation avec Israël, ils sont muselés avec la même brutalité que du temps de Nasser. Sur le plan économique, Sadate rompt avec la politique de tendance socialiste de Nasser.
En fait, il n'a guère le choix : l'accroissement démographique est tel qu'il ne permet pas le maintien
de l'Etat providence. En outre, l'activité économique souffre du poids de la bureaucratie que le
régime nassérien a mise en place. Enfin, la nouvelle amitié avec les Etats-Unis justifie quelques
sacrifices sur l'autel du libéralisme. C'est ce qu'on appelle l'ouverture, ou "Infitah". Rétrospectivement,
cette politique courageuse pourrait être mise au crédit du président Sadate, si cette période
n'avait pas été la pire en matière de corruption. La famille du président profite sans
vergogne du système. Tandis que les plus pauvres regrettent la politique généreuse de Nasser. Le 6 octobre de cette même année, alors qu'une parade célèbre la victoire
de 1973, Sadate est assassiné par un petit groupe de militaires islamistes. Quoi qu'on en dise, Anouar el-Sadate
a été davantage pleuré en Occident qu'en Egypte. Ce président visionnaire, dont on
pense qu'il se prenait un peu pour un pharaon, n'était sans doute pas assez à l'écoute de
son peuple. Il repose aujourd'hui sous une sorte de pyramide moderne dans la banlieue du Caire. Hosni Moubarak est un homme simple. On ne lui prête ni le charisme ni la vision politique de son prédécesseur, mais le peuple égyptien apprécie, au moins au début, la modestie de ce président de bonne volonté. Il lui en faut une bonne dose d'ailleurs, pour faire face aux difficultés que connaît le pays. Non que les réalisations de ses prédécesseurs aient toutes été inutiles, mais elles ne suffisent pas à faire face à l'accroissement de la population. La modernisation du pays est trop lente et une grande partie de ses habitants connaît une existence de plus en plus difficile. De plus, les dividendes de la paix s'avèrent moins juteux qu'on ne l'a fait croire au peuple égyptien. Bien que l'Egypte soit un allié fidèle des Etats-Unis, les instances internationales ne cessent de réclamer de nouvelles ponctions dans l'économie égyptienne. Les Frères musulmans, hostiles à la paix avec Israël, profitent de cette situation pour dénoncer un régime "à la solde des Américains et des Israéliens". Plusieurs partis politiques de gauche, déçus par l'échec des pays socialistes, se réfugient eux aussi dans les théories islamistes. Puisque Israël et l'Occident s'entendent pour maintenir l'Egypte dans la misère, il faut rompre avec ces alliés et promouvoir l'identité musulmane du pays. D'autant que, face à la démission de l'Etat, les Frères musulmans mettent en pratique une politique généreuse : ils ouvrent des dispensaires, des écoles, distribuent de fonds d'aide humanitaire… Et, durant les années 80, l'opinion égyptienne se laisse séduire par cette tendance. On assiste à un renouveau de la pratique religieuse. L'association des Frères musulmans trouve de nombreux relais au sein de la société égyptienne. Il s'agit souvent de notables et de petits bourgeois, qui mettent leur influence au service de l'association. Ils infiltrent les syndicats professionnels, l'université, la justice… Personne ne sait quelle est la situation au sein de l'armée, principal soutien du régime. L'objectif des Frères musulmans n'est pas forcément de renverser la République mais de la rendre conforme aux préceptes coraniques. Leur influence est croissante, notamment au sein de la justice. Au cours de retentissants procès, ils parviennent à faire interdire des films, et vont jusqu'à imposer le divorce à un professeur d'université, accusé de diffuser des thèses anti musulmanes. Enfin, une petite poignée d'excités semble déterminée à combattre,
par les armes, le régime du président Moubarak. Ils ne sont pas très nombreux, mais tiennent
la police en échec depuis des années, dans l'indifférence générale. A partir
de la guerre du Golfe, où l'Egypte est une fois plus du côté des Etats-Unis, les actions terroristes
se multiplient. D'incessantes échauffourées entre policiers et militants islamistes endeuillent la
Haute-Egypte. La répression policière a déjà montré ses limites face au terrorisme. L'ordre règne dans les grandes villes, mais les campagnes sont en état de soulèvement quasi permanent. Cependant, le régime ne semble pas décidé à apporter une solution politique à ce problème. Le mauvais déroulement des élections législatives de décembre 1995 l'a démontré. Les candidats indépendants ou d'opposition, qui ne représentaient pas une menace pour le parti au pouvoir, ont été impitoyablement écartés du Parlement, à la suite de violences qui ont fait des dizaines de morts. Sur 400 sièges, moins de 10 échappent au Parti national démocrate du président Moubarak. "Réélu" en 1993 pour un troisième mandat, le président pourrait rester à la tête de l'Egypte jusqu'à la fin de ce siècle. Il aura alors 75 ans. Mais il ne bénéficie plus de la confiance du peuple. Son honnêteté est mise en doute, et les Egyptiens ne se font aucune illusion concernant celle de son entourage. Usé, le président refuse d'envisager sa succession et n'a toujours pas nommé de vice-président. Il est vrai que son principal atout pour se maintenir au pouvoir reste l'absence de rival sérieux, au sein du régime comme dans l'opposition. |
||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||
|
Depuis que l'on sait déchiffrer les hiéroglyphes, la religion des anciens Egyptiens fait l'objet d'un quantité impressionnante d'ouvrages savants. Il faut dire que le sujet est d'une richesse inépuisable. La civilisation antique a duré près de 25 siècles, au cours desquels les discours et les pratiques religieuses des Egyptiens ont évolué. Le déroulement de l'histoire a vu les mythes s'affiner, s'enrichir, se contredire parfois… mêlant intimement la vie des rois, celle des dieux, et les grands phénomènes naturels. Il est donc impossible de vous expliquer TOUT ce que vous avez toujours voulu savoir sur les pharaons, sans jamais oser le demander. En revanche, la connaissance d'une ou deux légendes fondatrices et de quelques notions de base, vous serviront de clé pour apprécier peintures et bas-reliefs qui ornent les temples.
Lorsqu'un homme meurt, son âme est censée suivre Rê dans son voyage. Mais à la différence du soleil, elle reste éternellement dans le monde invisible. Dès lors, sa survie nécessite que son corps et une partie de ses richesses terrestres suivent le défunt dans le monde invisible. Il faut donc à tout prix les conserver et les cacher. C'est pourquoi les corps sont embaumés avant d'être placés dans des tombes inviolables. Parallèlement au travail d'embaumement pratiqué sur la dépouille, on considère qu'un travail de préparation de l'âme est accompli sur l'autre rive par les dieux, et en particulier Anubis, le dieu à tête de chien, qui présente le mort à Osiris. Ce dieu, adoré avec la plus grande ferveur par les Egyptiens, soupèse les vertus des défunts et leur dispense les enseignements qui les font accéder à la vie éternelle. Momification. L'incision abdominale recousue, le corps va macérer pendant 70 jours, dans une substance de soude naturelle qu'on appelle natron. Le corps est ensuite lavé puis patiemment enveloppé de fines bandelettes de coton, enduites d'une résine grasse et collante, entre lesquelles on insère diverses amulettes. Un scarabée est placé sur ou à la place du cœur. On enveloppe enfin le tout dans un linceul qui s'arrête au cou, aux poignets et aux chevilles. La momie est parée pour rejoindre son sarcophage et les funérailles peuvent commencer. Les différentes momies retrouvées à l'époque moderne ont donné
lieu à de nombreuses expositions, au cours desquelles certaines ont été endommagées.
Dans les années 70, on s'est beaucoup inquiété pour Ramsès II, dont la momie semblait
gagnée par une espèce de champignon. Des scientifiques français ont proposé de l'examiner.
Ramsès II a donc été acheminé en avion à Paris, où il a été
reçu avec tous les honneurs dus à un chef d'Etat (mort tout de même depuis 3 000 ans). L'examen
et la restauration de la momie a duré plusieurs mois. Puis le pharaon est retourné en Egypte, où
sa momie
A partir de ce mythe, tout pharaon vivant est assimilé à Horus, alors que les pharaons morts rejoignent Osiris dans le monde invisible. Contester l'autorité du souverain revient à encourir la colère de celui qui règne dans l'au-delà.
|
||||||||||||||||||||||
|
|