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SURVOL DU PAYS
Du temps de l'antiquité grecque et romaine déjà, il se trouvait des voyageurs
pour remonter le cours du Nil, dans le seul but d'en admirer les temples et les vestiges pharaoniques. C'est dire
si l'activité touristique n'est pas nouvelle en Egypte. Mais rassurez-vous, cela ne signifie pas que les
sentiers conduisant aux monuments égyptiens ont été battus, rebattus… et ont perdu tout mystère.
Bien au contraire, car l'Egypte conserve un pouvoir d'attraction sans cesse renouvelé pour les voyageurs
du monde entier. Plus de 3 millions de visiteurs y sont attendus chaque année, guidés par des motivations
les plus variées.
Bien sûr, les amateurs de vieilles pierres restent les plus nombreux. Ils arpentent les rives du Nil, riches
d'une concentration de vestiges historiques, sans égal au monde. Les trois pyramides monumentales de Guizeh
en constituent le symbole, mais elles ne sauraient résumer ce patrimoine toujours en cours d'exploration.
Inépuisable champ de fouilles, le pays n'en finit pas de livrer de nouveaux témoignages des civilisations
qui se sont succédé sur son sol. Les découvertes archéologiques et les programmes de
restauration fournissent en permanence de nouveaux buts de visite pour les touristes.
Mais les amateurs d'archéologie ne sont pas les seuls à faire du tourisme en Egypte. Depuis quelques
années, les plongeurs du monde entier ont classé les côtes de la mer Rouge parmi les fonds
sous-marins les plus beaux du monde. Barrières de corail, faune multicolore et transparence des eaux contribuent
à faire de ce littoral un nouveau pôle d'attraction touristique, en Egypte comme dans la péninsule
du Sinaï.
Et puis, il y a le désert Libyque, dont les paysages lunaires, longtemps inexplorés des étrangers,
s'ouvrent peu à peu au tourisme. Dans les principales oasis, des Bédouins proposent désormais
des excursions, selon des circuits, des modes de transport, et des durées variables. Du petit tour en Jeep
à la marche à pied, sans oublier les safaris à dos de chameau, les formules sont de plus en
plus variées et remportent un succès croissant.
Enfin, on aurait tort d'oublier, parmi les centres d'intérêt, l'Egypte au quotidien, celle des 60
millions d'Egyptiens. Des gens débrouillards, passés maîtres dans l'art de faire fonctionner
les systèmes les plus incohérents et les mécaniques les plus rouillées, au mépris
de toute logique cartésienne. C'est ainsi que circulent à travers le pays des centaines de voitures
à l'aspect d'épaves, ou que d'antiques ascenseurs cairotes, aux grincements inquiétants, transportent
quotidiennement des dizaines de personnes… Petits miracles quotidiens qui témoignent de l'ingéniosité
et de l'optimisme de ce peuple.
Cette réalité là est bien entendu absente de la plupart des dépliants touristiques.
A vrai dire, les autorités, comme la grande majorité de la population, n'apprécient pas que
les étrangers s'intéressent de trop près à certains aspects du pays. Comme si son actualité
était moins digne d'intérêt que son passé. Et pourtant… L'Egypte de la fin de ce siècle
demeure un pays passionnant, engagé dans une aventure périlleuse et vitale : celle de son développement.
Subvenir aux besoins de 60 millions de citoyens s'avère un objectif au moins aussi grandiose que pouvait
l'être en son temps la construction de la pyramide de Khéops.
En tant qu'étrangers, vous serez séduits par l'accueil que vous réserveront les Egyptiens
: des "Ahlan wa sahlan" et des "Welcome" préluderont agréablement à tous
les échanges. Parfois, vos interlocuteurs vous agaceront par leur manque de manières. Sachez qu'il
vous arrive aussi de les vexer, le plus souvent involontairement, par exemple avec cette façon très
occidentale d'avoir l'air pressé, impolitesse suprême à leurs yeux.
Dans les conversations, ne vous amusez pas trop à chatouiller leur chauvinisme, plus sensible qu'il n'y
paraît, et gardez-vous bien de heurter leurs convictions religieuses. Les vôtres seront toujours respectées.
Si vous avez la chance de rencontrer de vieux Egyptiens francophones, à Héliopolis ou Alexandrie,
vous serez charmés par l'inimitable accent oriental et les expressions imagées de ces témoins
d'une époque révolue de francophonie rayonnante. Pour exprimer à quel point leur pays est
attachant, ils vous affirmeront, roulant les "R", "qui a bu de l'eau du Nil en reboira". Cela
vous fera peut-être sourire. Vous n'imaginez pas à quel point c'est vrai !
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GEOGRAPHIE
Sur une carte, l'Egypte se présente comme un vaste quadrilatère, d'environ 1000 km
de long pour 1200 de large, auquel s'ajoute, à l'est, la péninsule du Sinaï en forme de pointe
de diamant. Cet ensemble est bordé au nord par la mer Méditerranée. Le Nil arrive par le sud
et serpente sur 1000 km jusqu'au Caire. Une fois passé la capitale, il se divise en deux bras principaux,
l'un qui se jette dans la mer à Rosette, l'autre, 150 km plus à l'est, à Damiette. Une multitude
de dérivations, naturelles ou non, et de bras secondaires irriguent cette partie nord du pays, et forment
ce que l'on appelle le delta du Nil, circonscrit dans le triangle composé par Le Caire, Alexandrie et Port-Saïd.
Le pays ne dispose pas de frontière naturelle à l'ouest et au sud, ce qui explique les tensions frontalières
chroniques avec la Libye et le Soudan. A l'est en revanche, l'Egypte est bordée par la mer Rouge et ne connaît,
de ce côté, qu'une petite frontière terrestre de 210 km avec Israël et le territoire autonome
palestinien de Gaza.
Mais les dimensions de la carte ne doivent pas vous tromper sur l'espace réel dans lequel vivent les Egyptiens,
concentrés à ce jour dans moins de 5% de leur territoire : un étroit ruban vert, le long du
Nil, le Delta et le littoral. Le reste du pays est constitué de déserts parfaitement inhospitaliers,
que les autorités s'efforcent de mettre en valeur, avec plus ou moins de bonheur. Construction de villes
nouvelles, bonification des terres… l'aménagement du territoire est un enjeu vital dans un pays qui a triplé
sa population depuis 1947. Mais sa mise en œuvre, qui implique des déplacements de population, est terriblement
compliquée.
Fidèles à leur tradition, les Egyptiens forcent un peu la générosité naturelle
du Nil pour obtenir des rendements à la hauteur de leurs besoins. La construction du Haut-Barrage, dans
les années 60, à Assouan était une première étape pour accroître la surface
cultivable. Depuis, les programmes de bonification des terres se succèdent : développement de la
Nouvelle Vallée, mise en eau du canal de Tochka à partir du lac Nasser, ou du canal de la Paix, vers
le Nord-Sinaï… Rendus nécessaires par la croissance démographique du pays, ces aménagements
gigantesques présentent malheureusement des risques sérieux pour l'environnement. Certains experts
affirment qu'à terme l'effet obtenu sera inverse à celui recherché : les terres et la production
agricole pourraient baisser. Optimistes, les Egyptiens comptent sur les progrès de la science pour corriger,
avant qu'il ne soit trop tard, ces erreurs écologiques.
En matière d'industrie et de service, le pays subit depuis les années 80 le contrecoups de la politique
nassérienne. Entre 1955 et 1970, Nasser avait privilégié un "Etat providence", d'inspiration
socialiste. Des pans entiers de l'activité économique ont été nationalisés,
et de nombreuses prestations sociales ont été offertes aux citoyens : instruction, santé…
L'Egypte était deux fois moins peuplée qu'aujourd'hui, et cette politique a effectivement contribué
à l'amélioration du niveau de vie et au développement du pays. Mais à présent
le secteur public n'est plus en mesure de faire face aux besoins d'une population pléthorique, et l'Etat
est perçu comme une bureaucratie inerte freinant la modernisation de l'appareil économique et social. |
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La politique de libéralisation, ou "Infitah", commencée par Anouar el-Sadate,
et poursuivie par le président Moubarak, sous la pression des institutions financières internationales,
est durement vécue par la société égyptienne. D'autant qu'à ce jour les Egyptiens
ne voient toujours pas les effets positifs promis. La libéralisation a tout juste permis à quelques
uns de faire fortune, sur le dos des autres apparemment.
Dans presque chaque famille, la diminution progressive du nombre des fonctionnaires, exigée
par le Fonds monétaire international, se traduit par la perte d'un ou plusieurs salaires, faibles bien sûr,
mais réguliers et jusque là épargnés par la crise.
La développement économique suffira-t-il à sortir la partie la plus déshéritée
de la population de la misère dans laquelle elle s'enfonce depuis des décennies ? Certains y croient.
En alléguant que l'inflation annuelle a été ramenée à 7% en 1996 et que pour
la première fois, la croissance du produit intérieur brut (2,5%) dépasse celle de la population
(2,1%).
LES REGIONS
Le Delta, ou Basse-Egypte. Triangle agricole
qui s'étend entre Le Caire, Alexandrie et Port-Saïd, le Delta est parcouru depuis l'Antiquité
d'une multitude de canaux et dérivations, naturelles ou non, du Nil. Les quelques vestiges archéologiques
qu'on y trouve, comme les ruines de Tanis, sont trop peu importants et trop dispersés pour que les touristes
y viennent en nombre. Le littoral de la mer Méditerranée offre peu d'attraits, à l'exception
des plages de Marsa Matrouh.
Le Saïd, ou Haute-Egypte. Partie
de la vallée du Nil qui sépare Le Caire de la Nubie, elle comprend l'essentiel des vestiges de l'Egypte
pharaonique, entourés de champs de canne à sucre et de palmeraies. La région de Louxor, ancienne
Thèbes, offre la plus grande concentration de temples et de tombes de toute l'Egypte.
La Basse-Nubie. A partir d'Assouan, la terre devient
moins riche et le paysage moins vert. C'est la partie égyptienne de la Nubie, vaste région qui se
prolonge au-delà de la frontière soudanaise. La construction du Haut-Barrage d'Assouan a englouti
la majeure partie de la Basse-Nubie. Bien sûr, on a sauvé certains temples, mais la richesse humaine
et culturelle de la partie la plus africaine de l'Egypte n'a pas été épargnée.
Le canal et la mer Rouge. Le littoral de la mer Rouge
connaît un développement récent, dû au tourisme balnéaire et à la plongée
sous-marine. Les plages n'y sont pas formidables, en revanche les fonds comptent parmi les plus beaux du monde.
Avec un simple masque et un tuba, vous verrez davantage de poissons et de coraux, à quelques mètres
de la surface, qu'un plongeur équipé de bouteilles en Méditerranée.
Le Sinaï. La péninsule séparant
l'Egypte d'Israël est un lieu fondateur pour les trois grandes religions monothéistes. C'est sur le
sommet d'une de ces montagnes que Moïse a reçu les fameux Dix Commandements. En plus du souvenir de
ce passé mythique, le Sinaï réunit en un espace, relativement restreint, des massifs montagneux
impressionnants et de très belles plages sur la mer Rouge.
Le désert. Il occupe encore 95% du territoire
égyptien. Le désert occidental ou Libyque n'est autre que le prolongement du Sahara. Espace merveilleusement
dépaysant, le désert s'ouvre de plus en plus au tourisme.
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